Archive pour février 25, 2008

Paresse…

J’ai passé la dernière fin-de-semaine avec mon ami Guillaume, lequel est en échange à Paris. Comme il a aussi un blogue, qu’il a une très bonne plume et ne prend pas de retard dans sa rédaction, je vous propose de lire son billet sur nos aventures:

Le Brel Pays qui est le mien

Pourquoi se contenter de Paris quand on est en Europe ?

Voilà ce que je me suis dis quand j’ai déposé mes bagages dans ma chambre de résidence. Un coup de fil à Olivier plus tard, je suis rendu dans son kot (lire ici «appartement d’étudiants») à Louvain-la-Neuve en Belgique ! Arrivé à 22h00 le jeudi, vite vite il se fait un devoir de me montrer tous les bars intéressants de la cité-étudiante. Nous avons donc fait une guindaille mémorable (joli nom belge pour les soirées arrosées).

Le lendemain, un mal de bloc en plus, je vais rencontrer Tanguy, mon jumeau d’échange que je n’avais pas vu depuis plus de 5 ans. C’est fou comment une poussée de croissance tradive peu allonger quelqu’un ! Il étudie la médecine à l’université catholique de Namur et est pas mal impliqué dans les soirées étudiantes de son cercle (il avait donc pas mal le même air que moi ce jour là !). Après un petit tour à pied dans la ville, une visite de son kot et une p’tite bière dans le local de son cercle, je lui dis à la prochaine et reviens tranquillement à LLN (Louvain-la-Neuve pour les initiés ou les paresseux).

Moi, Guillaume et Steven
Olivier, Guillaume et Stevens dans la voiture parentale

Samedi et dimanche, Olivier et moi partons comme de fiers bacpackers à Roeselare, une petite ville dans la Flandres belge. C’est fascinant de voir comment, dans le même train, le tableau indicateur peut donner des informations en français lorsqu’on est en Wallonie, en français et en néerlandais quand on est à Bruxelles puis seulement en néerlandais lorsque nous arrivons en Flandres. Les politiques linguistiques sont parfois au-dessus de la logique… Mais pourquoi aller dans ce coin lointain, même pas connu des Wallons (j’ai demancé à Tanguy en tout cas…) ? C’est pour aller visiter Steven, un natif du coin qui avait été hébergé une semaine l’année dernière au Québec par Olivier grâce au site de Couchsurfing (un super site pour rencontrer des gens partout à travers le monde prêts à vous laisser leur canapé pour voyager sans dépenser un sous). Steven nous a donc non seulement ouvert les portes de sa maison, mais nous a fait visiter en voiture la campagne flamande, en passant par des cimetières des soldats canadiens tombés à la Première Guerre Mondiale jusqu’à la plage de la mer du Nord au coucher du soleil. Avec une superbe maison campagnarde traditionnelle où l’on doit fermer les portes pour garder les pièces chauffées et des parents trop motivés à combler le moindre de nos désirs culinaires, nous n’avons pu qu’être ravis. Avec en plus des bières trappistes achetées de l’abbaye locale et une soirée dansante «spécial années 80» dans un bar branché le samedi soir où l’on a dansé jusqu’aux petites heures du matin («les flamandes, les flamandes, les fla les fla les flamandes…»), nous navons pu qu’être sur-ravis !

Décidément, le plat pays n’est pas «plate» du tout (scusez là, elle était trop tentante!).

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À fond!

Mardi, 11h40, Auditoire Studio 11, cours COPS 1122 – Anthropologie de la communication

« … c’est qu’il faut replacer la communication dans son contexte culturel. Voyez-vous, les populations aztèques et les conquistadors espagnols nous fournissent un exemple probant de la manière dont contexte social et communication s’articulent mutuellement… »

Alors que le prof débite son interminable monologue, je sens mon début de rhume gagner ma gorge, mes sinus et mon nez.

« …Ce qu’il faut comprendre, c’est que le langage aztèque ne prend pas en compte la dimension individuelle. Le sujet, l’individu, n’est pas un entier, mais bien une fraction d’un tout plus grand… »

Vlan! Fracas de porte!
Toulidouhiou! L’air de l’harmonica d’il était une fois dans l’Ouest!

Une trentaine d’étudiants déguisés en cowboys débarquent dans l’auditoire sur l’air d’Enrico Morricone. Arrivés à la place du prof, ils exécutent un petit pas de danse western avant de hurler en cœur : « Half-Time! » (L’Half-Time est une série de fêtes organisées par les étudiants de troisième année à l’hiver pour célébrer la mi-temps de leurs études (cinq ans). Habituellement, c’est très arrosé et ponctué d’événement folklorique comme celui qui vous sera conté).

Le prof ayant cédé sa place au chef du groupe, ce dernier s’exclame : « Qui sera la prochaine victime? Jouons à Pierre à dit pour le déterminer…. » Tensions dans la salle « Tous sous vos bureaux! » À ce moment, les deux cents étudiants se précipitent sous leurs petits pupitres. Tous… non… un petit innocent d’Amérique a cru bon de rester bien coi sur sa chaise, bien certain de ne pas avoir entendu « Pierre à dit » avant l’ordre du chef de cowboys. Comble de déveine, celui-ci est en avant et au milieu, à quelques mètres du desesperado. Il se fait remarquer immédiatement et on lui fait signe qu’il doit se rendre en avant de l’auditoire.

L’innocent d’Amérique, le rhume à la gorge, rejoint d’autres victimes locales sur les tables. Face aux deux cents étudiants plus malins que lui, on lui soumet sa sentence : un gros verre de bière la plus économique de Belgique. À peine a-t-il la boisson dans les mains que la horde de l’Ouest scande : « À fond! À fond! À fond! À fond! » Celui-ci est donc contraint d’affoner, c’est-à-dire avaler le verre d’une seule traite. N’écoutant que son courage, l’innocent d’Amérique procède à l’affonage avec célérité et professionnalisme. « Après tout, il en faut plus pour secouer un foie de Québécois. » se dit-il. Comme par télépathie, les organisateurs contraignent le pur-laine à prouver sa force en procédant à un deuxième affonage. Sans broncher, le liquide descend dans le gosier du brave frisé. Jugeant que l’innocent d’Amérique avait bien accompli son devoir, on l’autorisa à regagner son siège dans l’auditoire.

Avant de quitter, les cowboys et les étudiants de l’auditoire demandèrent tous en cœur : « Le tuyau! Le tuyau! Le tuyau! Le tuyau! » Le sourire en coin, le prof repris le micro et informa l’auditoire que la question à développement de l’examen, soit 40% de la note, portera sur la cérémonie d’Half-Time qui venait d’avoir lieu. Sur ce, les cowboys quittèrent la salle, en quête vers de nouvelles aventures.

Près de deux semaines plus tard, je peine encore à me débarrasser de mon rhume.

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