Archive pour août 21, 2008

Un récapitulatif

Pour vous permettre d’apprécier la totalité de mon périple de sept mois sur le vieux continent, je vous propose ici un bref texte récapitulatif. Vous n’avez qu’à cliquer sur les parties qui vous intéressent.

Janvier

J’arrive à Birmingham, en Angleterre, où je suis accueuilli par Ken, un sympathique sportif qui m’initie à la capoeira. Je quitte la ville pour me rendre à Whaley Bridge où un des gars les plus drôle du monde me reçoit. Je me rends ensuite à Londres pour y visiter ma cousine et le Tate Modern. Je prends un long bus pour la Belgique et y vis une très belle première journée. Après quelques jours, je rencontre mes cokoteurs. La veille de mon premier cours, j’ai la chance de participer à la fête de la Lumière où je danse et bois du vin chaud.

Février

J’arrive officiellement à décapsuler des bières avec un briquet. Je visite la vieille ville de Leuven et y découvre la partie flamande de la Belgique. Dès le lendemain, je pars avec d’autres québécoises au Carnaval de Cologne où un délire de costumes et de chars alégoriques s’ensuit. Le week-end suivant, je vais à Gent, y retrouve Steven (un belge que j’avais accueuilli à Montréal quelques mois auparavant) et visite la ville avec d’autres couchsurfers. La soirée se termine de manière très arrosée à Liège où je goutte le péket avec mes cokoteurs. Au courant de la semaine, je suis victime d’un rituel d’ivrogne qui me force à boire de la bière à 11h du matin. Guillaume vient me rendre visite à Louvain-la-Neuve et nous nous rendons à Roeselare chez la famille de Steven. Je visite Bruxelles la semaine suivante et je tombe en amour avec la ville.

Mars

Grâce à un vol économique, je visite Dublin avec mes amies québécoises le temps d’une fin-de-semaine. Je retourne à Bruxelles et retombe en amour. Je vis une semaine complètement dingue avant les vacances de Pâques. Je rejoins Guillaume à Paris à Pâques. Mon séjour à Paris est interrompu par quatre belles journées en Alsace où je rends visite à Jérémie, que j’avais rencontré à Montréal six mois auparavant.

Avril

Mois particulièrement calme où je passe mes soirées à faire du sport et mes fins-de-semaine à étudier. Un problème de théorie des jeux me donne particulièrement mal à la tête.

Mai

Je passe un week-end avec les scouts et découvre leur culture propre. On m’y initie aux grands noms de l’humour belge. Je passe deux jours à Copenhague, où je squatte à l’hôtel où loge ma tante Marie. Guillaume revient en Belgique et nous fêtons ça en force à Bruxelles. Je tombe en Blocus et c’est très stressant.

Juin

Je passe mes quatre examens avec beaucoup de succès. Je me botte le derrière et vous décris les cours que j’ai suivi en Belgique.

Juillet

Je vis une immersion totale dans l’univers débile et délirant des scouts de Belgique. Je n’en sort pas tout à fait indemne. Je porte maintenant un nom de chien et je ne peux pas m’empêcher de faire des nœuds quand j’ai une corde dans les mains. Je pars pour l’Espagne et je travaille dans deux fermes différentes auprès d’animaux ayant de deux à quatre pattes.

Août

Je m’offre une visite à Granada et à Cordoba, reviens travailler à la ferme puis visite des musées à Madrid.

Voilà donc, en quelques minutes, les 218 jours passés loin des tempêtes de neige et de l’été gris de Montréal.

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La ultima semana

Tout de suite après Granada, je prends la direction de Cordoba, une autre ville d’Andalousie qui jouit d’un patrimoine architectural hérité de plusieurs religions. Le quartier central de la vieille ville est la Juderia, où des dizaines de générations de juifs kabalistes ont tenté de décrypter la Torah avant d’être bouté dehors par Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon au 15e siècle. Au centre de ce quartier trône la massive Mezquita, une mosquée bâtie par les sultans arabes sur les ruines d’une église wisigothe. Après avoir chassé musulmans et juifs, les très catholiques rois d’Espagne ont cru bon de construire une cathédrale en plein centre de la Mezquita.

La visite de Cordoba est donc l’occasion de voir le témoignage des différentes fois sur la ville, de manger les meilleurs tapas du monde (comme une queue de toro dans une sauce tomate…), de socialiser avec les miliers de Français qui occupent la ville et surtout de profiter d’un peu de calme après l’agitation de Granada.

Mes petites vacances terminées, je retourne au Caballo Blanco, la première ferme où j’ai travaillé. Je retrouve donc les dix-huit tubes digestifs et plus ou moins la même équipe de wwoofers. Là-bas, le programme n’a pas vraiment changé et les tubes digestifs se montrent toujours aussi efficace pour transformer l’eau, les betteraves, le muesli et le foin en fumier malodorant.

Heureusement, les tubes digestifs font preuve d’habilités exceptionnelles lorsqu’on leur pose une selle sur le dos. Ainsi, pour mes quatre derniers jours de travail, j’ai la chance de faire trois balades, dont une d’«anniversaire» où j’expérimente le gallop pour la première fois. Le fait de filer à toute vitesse en flottant au dessus d’une formidable machine de muscle a plus que compensé l’absence de bougies sur le gâteau d’anniversaire que l’on m’avait préparé.

Après le calme et la sérénité de la montagne, je prends le bus pour finir mon voyage dans le tumulte de Madrid. Enfin, le tumulte est probablement un oxymore, car je passe la majorité de mon temps dans la capitale à arpenter les grands musées, à quadriller les avenues piétonnes et à roupiller à l’ombre des arbres du parc du Retiro. Exit la vida loca madrilène, bien connue pour brouiller la distinction entre le jour et la nuit: je n’avais pas la volonté, l’énergie et encore moins la garde-robe (l’intégralité de mes bagages sent encore le fumier) pour aller flamber mes euros en mojitos et tektonik.

Pour finir le tout en beauté, je m’offre une nuit blanche à l’aéroport de Madrid, un avion et un bus pour Londres, quelques heures au pub et un autre avion pour Montréal. Le vol BA95 du 20 août 2008 met fin à plus de sept mois d’europitude et me ramène au pays de l’hiver où tant de choses merveilleuses et moins merveilleuses m’attendent déjà.

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