La pleine capitale

Alors que je rentrais de mon cours du jeudi soir, une bande d’étudiants légèrement éméchés m’interpellent depuis leur balcon : « Tu as vraiment une coupe de cheveux affreuse d’en haut! » Amusé, j’engage la conversation et mon accent « canadien » convainc sur-le-champ les fêtards de m’inviter à prendre une bière en leur compagnie. J’arrive donc dans une petite fête très arrosée organisée par et pour les finissants en architecture. J’y fais la connaissance d’Olivier, un Belge qui partage plusieurs de mes intérêts musicaux. Quelques jours plus tard, nous échangeons des courriels et il m’informe qu’High Tone, un groupe français d’électrodub, donnera un concert gratuit à Bruxelles. Devant cette perspective excitante, je me réserve mon samedi soir et planifie ma sortie bruxelloise.

J’arrive quelques heures avant le spectacle à la gare Bruxelles-midi et suis tout de suite rempli d’un sentiment très agréable : celui d’être en ville. De sentir les gens pressés autour de moi, le trafic, les restaurants ouverts tard, la pollution. Grisant. Après près d’un mois à visiter de petites villes boutique et à vivre dans une ville étudiante piétonne, je me suis rappelé pourquoi je me définis comme un gars de la ville.

Je rejoins Isabelle, mon hôte de Couchsurfing. Arrivé dans son appartement magnifiquement décoré dans le quartier des Marolles, je fais connaissance avec elle. Elle est enseignante de français pour adulte (même si elle est une Flamande originaire de Bruges) et occupe ses temps libres par la création littéraire, la photo, les voyages ou les marchés aux puces de son quartier. Après un bon thé, je la quitte pour me rendre à la Place Flagey, où se donne le concert. À peine ai-je le temps de commander une petite frite que le concert commence. Les lois économiques de la demande sont respectées : quand le coût tend vers zéro, la demande est infinie. Bref, il y a trois fois plus de personnes que la salle peut en supporter. Le concert est tout de même excellent. Les gars savent comment faire ronfler une bonne basse bien grasse, y ajouter les effets atmosphériques et rythmer le tout avec de puissants beats à la batterie. Fatigué par les rapports très étroits avec les autres membres du public, je quitte le concert avec Josée, mon amie québécoise de Louvain-la-Neuve, pour aller rejoindre Martin, un collègue de classe qui habite à Bruxelles. Après une petite bière avec ses amis, nous rejoignons l’appartement d’Isabelle dans la magnifique nuit bruxelloise.

Après une nuit difficile, Josée nous quitte vers Bruges et Isabelle m’emmène visiter Bruxelles. D’abord, nous flânons au marché aux puces de la Place du jeu de balles pour ensuite nous rendre au marché de la gare du midi où je déguste une crêpe marocaine : une pâte grasse, des olives à profusion, un fromage mou et doux, des figues et du miel. C’est un véritable régal qui dégouline de toute part, décorant mes vêtements d’huile d’olive et de miel. Sur les petites tables entassées du marché, je rencontre les amis d’Isabelle : artistes, comédiens, étudiants en art, bref, le jet-set culturel bruxellois!

Après des petits thés à la menthe (eux aussi délicieux), Isabelle et deux de ses amis m’amènent aux Halles de Schaerbeek assisté à un thé dansant artistique. Après avoir payé le prix d’entrée (c’était gratuit, mais il était obligatoire d’émettre un son pour entrer), nous entrons dans une grande salle à l’atmosphère festive et enfantine. Ici, un DJ passe les vieux tubes français des années soixante, là, des enfants s’amusent sur une table de Mississipi, plus loin, des poètes automatistes récitent machinalement « La chanson, le beat, fuck! La chanson, le beat, fuck! La chanson… » Dans cette ambiance déjantée, j’ai pu savourer un excellent gâteau et une bière blanche, j’ai dansé de la danse psycho-pop-contemporaine avec une danseuse vêtue comme Marjo et j’ai joué à une variante du baby-foot avec de petits Bruxellois de dix ans.).

Thé dansant
Thé dansant

Alors que les amis d’Isabelle nous quittent, celle-ci en profite pour me faire visiter un peu Bruxelles. Nous marchons donc jusque chez elles par la rue royale en nous arrêtant à plusieurs reprises pour faire de jolies photos et manger une succulente gaufre liégeoise.

Après un petit thé, je repars pour Louvain-la-Neuve, agréablement étourdi par la capitale.

Publicités

Un commentaire »

  1. […] me rendre visite à Louvain-la-Neuve et nous nous rendons à Roeselare chez la famille de Steven. Je visite Bruxelles la semaine suivante et je tombe en amour avec la ville. Mars Grâce à un vol économique, je […]

RSS feed for comments on this post · TrackBack URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :