Ich bin ein Dubliner

Réunis en conciliabule du ghetto québécois de Louvain-la-Neuve, nous discutons d’une éventuelle escapade collective hors de notre ville universitaire. Notre choix s’arrête rapidement sur Dublin, où nous pourrions aller fêter la Saint Patrick. Devant les billets d’avion trop chers et les hôtels remplis à craquer, notre groupe arrête finalement son choix sur la première fin de semaine de mars. Quelques heures plus tard, billets d’avion et auberge de jeunesse sont confirmés. Nous serons sept. Six Québécoises et un Québécois.

Me voilà donc parti pour une escapade de week-end en avion, une excentricité uniquement possible grâce à la prolifération des lignes aériennes low-cost ou no frills comme Ryanair ou Easyjet. Ces lignes aériennes proposent un service minimal et tous les extra se paient. Elles fonctionne avec le principe du yield management, ou gestion de la demande, qui consiste à vendre les premières places à des prix ridicules et d’augmenter progressivement les prix à mesure que les places se vendent. Ainsi, dans le même avion, un passager aura payé 100 € pour sa place alors que son voisin l’aura eu pour 15 €. Ces compagnies prolifèrent surtout en Europe, où les distances sont courtes et la réglementation commune de l’Union européenne facilite les opérations. En outre, elles disposent aussi d’un important bassin de population relativement riche qui, contrairement aux Américains, dispose de plus que deux semaines de vacances.

C’est donc avec Ryanair que je m’envole vendredi soir pour gagner la capitale irlandaise. Arrivés vers minuit, nous trouvons rapidement l’auberge. Après m’y être installé sommairement, Josée et moi nous rendons dans un pub pour déguster le nectar local. A pint of black stuff, ou plus simplement, la Guinness. Lovée entre le verre et son onctueuse mousse blanche, la Guinness est un pur délice. Le goût est d’abord amer et brûlé s’oppose dans un paradoxe de génie à son caractère extrêmement rafraîchissant. Au final, la stout dublinoise laisse un agréable goût de Whisky en bouche tout en étant extrêmement calorique pour l’estomac.

Dublin
O’Connell Street

Le lendemain est marqué par une découverte de la ville. J’y trouve beaucoup de similitude avec l’Angleterre : standards alimentaires discutables, maisons de paris sportifs, conduite à gauche, pubs, etc. L’Irlande n’ayant jamais été une puissance coloniale, Dublin fait office d’une capitale plutôt modeste : les édifices dépassent rarement les quatre étages et les monuments les plus importants font preuve d’une fierté discrète plutôt que d’une opulence extravagante. Après tout, l’Irlande ne compte que quatre millions d’âmes et la ville de Dublin quelque cinq cent mille personnes.

Nous retrouvons un peu plus tard une Suissesse en immersion linguistique, Amalia. Accompagnés d’elle et de son ami français de passage, nous découvrons le joli campus du Trinity College, sis au centre-ville de Dublin. Après avoir quitté Amalia et les autres Québécoises, je rencontre brièvement Sinéad (ce prénom très chouette se prononce Chenaid), qui m’explique les bons plans de la capitale. Je me dirige donc vers le St. Stevens Green et son quartier environnant pour prendre quelques photos.

Retrouvant les filles par hasard, nous nous dirigeons vers un Irish pub de quatre étages où j’ai la chance de goûter une porter aux huîtres et d’entendre un groupe de musique typique irlandaise. Bien que je ne sois pas un admirateur de la musique celtique, je dus reconnaître que le joueur d’Irish pipe et de flûte rockait la casbah. Excellent. Nous y rencontrons également une serveuse québécoise, laquelle nous donne rendez-vous le lendemain au même pub.

Après un repas à l’auberge, je rejoins Amalia et sa colocataire Claire dans un autre bar et en apprends un peu sur les mythes typiques d’Irlande et sur l’autre langue officielle de l’Irlande, le gaélique. Amalia m’emmène ensuite dans un party de hippies non loin de mon auberge où je fais la rencontre de gens d’une dizaine de pays différents. Parmi ceux-ci, j’ai échangé longuement avec une Polonaise sur le fait que je voulais avoir « three childrens or more » et avec un Brésilien sur Le Déclin de l’empire américain et Les Invasions barbares. Je fais également la rencontre de Nick, un rasta réunionnais qui m’invite à une jam-session le lendemain chez lui. C’est noté.

Les filles ayant décidé de passer leur dimanche à faire un tour de bus à travers la campagne irlandaise, je pars en solo pour la ville côtière de Bray, accessible par les trains de banlieue qui desservent Dublin. La petite ville côtière est très moche, mais elle a une très belle plage où s’y promènent chiens, enfants et amoureux et des visiteurs qui, comme moi, n’avaient ni chiens, ni enfants, ni amoureuses. Le beau temps me porte plus loin, vers le Bray Head, une petite montagne s’avançant dans la mer froide qui sépare l’Irlande de l’Angleterre. Je la gravis bien lentement, en prenant le temps d’y faire une sieste et d’y apprécier la vue.

Bray
Bray

De retour à Dublin, je traverse la ville de part en part pour rejoindre la jam-session. J’y retrouve sensiblement les mêmes gens que la veille à quelques variantes près. On y chante du Janis Joplin, du Pink Floyd et d’autres artistes plus obscurs. Mes talents de percussionniste stylo-sur-verre sont rapidement remarqués. Je quitte cette joyeuse bande pour retrouver ma bande de Québécoises, la serveuse de la veille et surprise! Annabel, une bonne amie de mon amie Stéphanie. Contrairement à Louvain-la-Neuve, qui pullule de Québécois, Dublin ne compte qu’une poignée d’étudiants du Québec. C’est donc avec plaisir qu’elle nous retrouve autour d’une bière.

Notre dernière journée est surtout consacrée à l’achat de multiples items touristiques. Je quitte ensuite les filles pour visiter le Guinness Store House, l’attraction numéro 1 de Dublin. Dans une ancienne fabrique de la célèbre bière Irlandaise, on a aménagé un gigantesque musée de sept étages consacré entièrement au black stuff. Ingrédients, histoire, fabrication, publicités (de vrais œuvres d’art), distribution : la boisson maltée est passée au crible. Au sommet, on nous sert une bonne pinte dans un bar offrant une vue à 360 degrés sur Dublin. Wow!

Guinness
Les vieilles pubs de Guinness sont d’une élégance et d’un humour inégalés

Le reste de l’histoire est clairement moins gai. Arrivé bien à l’heure à l’aéroport, notre vol est retardé par une tempête de neige surprise, nous attendons quatre heures avant de décoller, nous ne pouvons plus atterrir à l’aéroport de Charleroi comme prévu, nous atterrissons à l’aéroport de Liège (lequel est consacré au fret), nous tentons de dormir pendant cinq heures sur le sol froid de la pièce la moins éclairée de l’aéroport avant de prendre un premier bus, puis un deuxième jusqu’à la gare Liège-Guillemins, puis un train jusqu’à Ottignies, puis un train pour Louvain-la-Neuve. Ouf! Douche-sieste d’une heure-déjeuner frugal et hop! Me voilà assis dans l’auditoire, prêt à apprendre le fonctionnement de l’écriture cunéiforme et des hiéroglyphes!

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2 commentaires »

  1. Stouffe said

    Toujours un plaisir de te lire mon cher OGG!

  2. […] la semaine suivante et je tombe en amour avec la ville. Mars Grâce à un vol économique, je visite Dublin avec mes amies québécoises le temps d’une fin-de-semaine. Je retourne à Bruxelles et retombe […]

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