Et l’humour belge?

Si je devais identifier un des points communs entre Belges et Québécois, c’est bien celui de l’humour. À mon arrivée, je n’ai subi aucun décalage entre la rigolade du plat pays et la rigolade de la belle province. J’ai compris et apprécié les blagues dès les premiers instants et je suis même capable de faire rire l’autochtone avec autre chose que mon accent ou mes expressions particulières.

Il m’a donc été donné de découvrir deux artistes assez uniques et très belgo-belges.

Le premier est Manu Thoreau, lequel est devenu célèbre par une série de sketches baptisée « Faux Contact ». En parodiant une émission dédiée à la sécurité routière, l’agent Thoreau décape la langue française tout en expliquant des banalités et des situations absurdes. Un discours parfaitement simple et intelligible est alors transformé en un flot plus ou moins articulé de mots sans queues ni têtes. L’ironie de Manu Thoreau a atteint un tel niveau qu’il est lui-même mort dans un accident de voiture en 2000, laissant la Belgique en deuil d’un de ses artistes les plus sympathiques.

« Les chiffres pairs, les chiffres impairs, et bien sur, tous les autres. »

Oh! et si vous allez plus loin sur YouTube, il est possible de trouver un sketch consacré entièrement aux expressions typiquement wallonnes. Je n’y ai rien compris!

Le deuxième artiste est Jean-Luc Fonck, un cinquantenaire toujours en vie et en santé et auteur-compositeur-interprète du groupe Sttellla. Depuis 1975, son groupe n’a cessé de produire des chansons absurdes et facultatives. Au menu, orchestration au synthétiseur et un taux élevé de jeux de mots à la minute. Si certains font des blagues de deuxième niveau, on peut affirmer à juste titre que Sttellla fait dans l’humour de demi-niveau. Comme me l’a fait remarqué un ami : « Jean-Luc Fonck a réussi ce que peu ont réussi : être capable de vivre de son délire perpétuel. » À noter aussi, Sttellla a beaucoup tourné à Louvain-la-Neuve, où le public estudiantin s’est montré très réceptif à son humour à rabais.

Sttellla

J’ai trouvé une excellente chanson, très révélatrice de la déroute intellectuelle que nous fait prendre Sttellla. Un conseil : résistez à la première écoute et persévérez. À chaque nouvelle écoute, de nouveaux jeux de mots surgiront. Magnifique.

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3 commentaires »

  1. Marie said

    Oli, il faut que je fasse un commentaire. Bon, j’avoue que je n’ai pas été super assidue, comme le démontre particulièrement bien ma réaction tardive.
    J’ai passée mon adolescence à m’esclaffer sur Sttellla avec ma bonne amie de l’époque Aurélie. Donc si jamais tu peux trouver le disque des années 1980 (introuvable ici, j’ai tout essayé !) sur lequel il y a Lancelot-du-Lac (toune poche, mais je me souviens du titre…) et Non! Non! Jean-François !, achète-le moi avant de revenir. Je te le rembourserai !! Mon dieu, j’aime tellement Sttellla ! Quand reviens-tu ?

  2. oliviergrattongagne said

    Salut Marie,

    Je vais me mettre à la recherche active de ce joyau musical.

    Je te donnes des nouvelles!

    Olivier

  3. […] week-end avec les scouts et découvre leur culture propre. On m’y initie aux grands noms de l’humour belge. Je passe deux jours à Copenhague, où je squatte à l’hôtel où loge ma tante Marie. Guillaume […]

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