La ultima semana

Tout de suite après Granada, je prends la direction de Cordoba, une autre ville d’Andalousie qui jouit d’un patrimoine architectural hérité de plusieurs religions. Le quartier central de la vieille ville est la Juderia, où des dizaines de générations de juifs kabalistes ont tenté de décrypter la Torah avant d’être bouté dehors par Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon au 15e siècle. Au centre de ce quartier trône la massive Mezquita, une mosquée bâtie par les sultans arabes sur les ruines d’une église wisigothe. Après avoir chassé musulmans et juifs, les très catholiques rois d’Espagne ont cru bon de construire une cathédrale en plein centre de la Mezquita.

La visite de Cordoba est donc l’occasion de voir le témoignage des différentes fois sur la ville, de manger les meilleurs tapas du monde (comme une queue de toro dans une sauce tomate…), de socialiser avec les miliers de Français qui occupent la ville et surtout de profiter d’un peu de calme après l’agitation de Granada.

Mes petites vacances terminées, je retourne au Caballo Blanco, la première ferme où j’ai travaillé. Je retrouve donc les dix-huit tubes digestifs et plus ou moins la même équipe de wwoofers. Là-bas, le programme n’a pas vraiment changé et les tubes digestifs se montrent toujours aussi efficace pour transformer l’eau, les betteraves, le muesli et le foin en fumier malodorant.

Heureusement, les tubes digestifs font preuve d’habilités exceptionnelles lorsqu’on leur pose une selle sur le dos. Ainsi, pour mes quatre derniers jours de travail, j’ai la chance de faire trois balades, dont une d’«anniversaire» où j’expérimente le gallop pour la première fois. Le fait de filer à toute vitesse en flottant au dessus d’une formidable machine de muscle a plus que compensé l’absence de bougies sur le gâteau d’anniversaire que l’on m’avait préparé.

Après le calme et la sérénité de la montagne, je prends le bus pour finir mon voyage dans le tumulte de Madrid. Enfin, le tumulte est probablement un oxymore, car je passe la majorité de mon temps dans la capitale à arpenter les grands musées, à quadriller les avenues piétonnes et à roupiller à l’ombre des arbres du parc du Retiro. Exit la vida loca madrilène, bien connue pour brouiller la distinction entre le jour et la nuit: je n’avais pas la volonté, l’énergie et encore moins la garde-robe (l’intégralité de mes bagages sent encore le fumier) pour aller flamber mes euros en mojitos et tektonik.

Pour finir le tout en beauté, je m’offre une nuit blanche à l’aéroport de Madrid, un avion et un bus pour Londres, quelques heures au pub et un autre avion pour Montréal. Le vol BA95 du 20 août 2008 met fin à plus de sept mois d’europitude et me ramène au pays de l’hiver où tant de choses merveilleuses et moins merveilleuses m’attendent déjà.

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Un commentaire »

  1. […] Je m’offre une visite à Granada et à Cordoba, reviens travailler à la ferme puis visite des musées à Madrid. […]

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